Banque de gènes
Une banque de gènes est un dispositif organisé de conservation de ressources génétiques, associé à une collection dont l’identité, l’origine et les conditions de maintien sont documentées. Chez les organismes aquatiques, elle peut conserver des populations vivantes ou du matériel biologique isolé. Son intérêt dépend de ce que les ressources préservées permettent réellement de transmettre, d’étudier ou de reproduire.
Populations vivantes et matériel conservé
La FAO distingue des banques de gènes in situ et ex situ. Dans le premier cas, la conservation concerne des populations dans leur environnement naturel ; elle suppose de maintenir leurs conditions de vie et de gérer les menaces qui pèsent sur elles. Dans le second, les ressources sont maintenues hors de cet environnement, sous forme de collections vivantes ou de matériel conservé. Une banque n’est donc pas nécessairement un entrepôt de cellules congelées.
Les collections vivantes peuvent concerner des poissons, des mollusques, des algues ou d’autres organismes aquatiques. Elles maintiennent des lignées disponibles pour la reproduction, mais demandent une gestion des accouplements et du renouvellement des générations. Le maintien en captivité n’arrête ni la dérive génétique ni les effets de la sélection liés aux conditions d’élevage.
La conservation in vitro porte sur du matériel isolé : gamètes, cellules, tissus ou autres ressources selon les techniques disponibles. La cryoconservation du sperme est utilisée pour de nombreuses espèces de poissons. Elle ne signifie pas que les ovocytes, les embryons ou les autres matériaux de ces mêmes espèces disposent tous d’un protocole éprouvé. Chaque collection se caractérise par les ressources visées et les possibilités réelles de récupération.
Quel patrimoine peut être récupéré ?
Une semence conserve la contribution génétique paternelle. Elle ne suffit pas, à elle seule, à reconstituer une population entière ni son héritage maternel. Une collection de sperme, une population de reproducteurs vivants et une banque d’ADN ont ainsi des fonctions différentes.
Du matériel destiné à l’analyse moléculaire peut rester utile sans être viable. Une ressource destinée à produire des descendants doit conserver une fonction biologique compatible avec cet objectif. Le fait de disposer d’un échantillon ne prouve donc pas la possibilité de restaurer une lignée ; la qualité après conservation et les conditions d’utilisation doivent être évaluées.
Représentation et traçabilité
La valeur d’une banque dépend de la diversité représentée, pas seulement du nombre d’échantillons. La provenance, la parenté des donneurs, l’appartenance à une population ou à une souche et le mode d’échantillonnage permettent d’apprécier cette représentation. Une collection importante mais composée d’individus proches peut préserver moins de diversité qu’attendu.
La documentation associe aux échantillons leur identité, les conditions de collecte et de conservation ainsi que leur emplacement. Pour les matériels utilisés en reproduction, le statut sanitaire et les résultats de contrôle complètent cette traçabilité. Ces informations permettent de retrouver une ressource et de déterminer si elle répond à une question de recherche, à un programme de sélection ou à un objectif de conservation génétique.
Place dans un programme de conservation
Une banque ex situ peut sécuriser des ressources complémentaires à la conservation des populations dans leur milieu. Elle ne protège toutefois ni un habitat ni les interactions écologiques qu’il abrite. La préservation ex situ et les mesures in situ répondent à des risques différents et peuvent être associées.
Avant de constituer une banque, il faut donc définir la ressource menacée, la diversité recherchée et l’usage prévu. La conservation de matière biologique devient une conservation de ressources génétiques utilisables lorsque sa représentation, sa qualité et sa traçabilité correspondent à cet objectif.