Préservation ex situ
La conservation ex situ maintient des composantes de la diversité biologique hors de leurs habitats naturels. Elle peut concerner des animaux vivants élevés en captivité, des lignées cellulaires, des gamètes, des embryons ou d’autres ressources génétiques conservées dans une banque de gènes. Cette définition est plus large que le seul élevage conservatoire et n’implique pas nécessairement des accouplements dirigés.
Objectifs et méthodes
Chez les poissons, une population captive peut servir de réserve démographique, soutenir la recherche, fournir des individus destinés à un renforcement ou préserver une diversité génétique menacée. La cryoconservation du sperme est bien établie pour de nombreuses espèces, tandis que la conservation d’ovocytes ou d’embryons entiers reste plus difficile en raison de leur taille, de leur teneur en vitellus et de leur faible perméabilité.
Un programme doit définir son unité de conservation, documenter l’origine des fondateurs, limiter la dérive génétique et la consanguinité, prévenir l’hybridation involontaire et assurer la biosécurité. Le simple maintien d’individus en aquarium ne constitue donc pas automatiquement une action de conservation : il faut un objectif, une traçabilité et une gestion à long terme.
Complémentarité avec le milieu naturel
La conservation in situ demeure essentielle pour conserver les interactions écologiques et les processus évolutifs dans l’habitat. L’ex situ intervient de préférence en complément, notamment lorsque les menaces ne peuvent être réduites assez vite dans le milieu. Toute remise en liberté exige une évaluation génétique, sanitaire, comportementale et écologique ; une population captive peut s’être adaptée aux conditions d’élevage et ne remplace pas la restauration de l’écosystème.