Bioclaste
Un bioclaste est un fragment d’origine biologique présent dans un sédiment ou une roche sédimentaire. Il peut provenir d’une coquille, d’un squelette ou d’une autre structure dure produite par un organisme. Le terme décrit l’origine du grain : il ne désigne ni une espèce particulière, ni nécessairement un fossile ancien ou entièrement reconnaissable.
Des organismes aux grains sédimentaires
Les sables carbonatés des milieux récifaux contiennent notamment des fragments de mollusques, de coraux, d’oursins, d’algues calcifiées et de foraminifères. L’étude de l’USGS sur les récifs de Floride montre que leur structure interne peut aider à reconnaître le groupe d’origine.
La fragmentation n’est pas uniquement mécanique. Des organismes peuvent perforer ou brouter un squelette et produire des débris : c’est la bioérosion. Dans les exemples décrits par l’USGS, des poissons-perroquets et des oursins détachent ainsi des fragments en broutant la surface des coraux. Ces observations concernent des sédiments récifaux ; elles ne constituent pas une liste exhaustive des bioclastes possibles.
Reconnaissance et altération
L’examen en lame mince permet d’observer les grains au microscope pétrographique. Une structure encore préservée peut révéler une origine biologique alors que l’aspect extérieur du fragment est peu informatif. À l’inverse, l’altération peut effacer une partie des caractères nécessaires à l’identification.
Le rapport de l’USGS illustre notamment des grains de corail partiellement ou entièrement transformés en micrite, un carbonate très fin. La description doit donc distinguer la structure d’origine et l’état actuel du grain. Dans une roche, les bioclastes sont aussi examinés avec la matrice, le ciment et les autres composants de la texture.
Ce que les fragments permettent d’inférer
Un fragment récent de coquille dans un sable marin est déjà un bioclaste. Le terme n’exige donc pas que le reste soit un fossile ancien.
La composition des grains peut renseigner sur les organismes sources et sur les transformations du milieu. Elle doit être confrontée aux autres observations : une abondance de fragments coralliens peut, par exemple, accompagner la dégradation d’un récif plutôt qu’une abondance de coraux vivants. L’origine biologique du grain ne suffit pas à reconstituer seule son histoire.