Canal muqueux
Le canal muqueux est le nom historique donné aux sillons superficiels de la ligne latérale des chimères. Malgré ce nom, sa fonction n’est pas de transporter du mucus : il abrite des neuromastes mécanorécepteurs sensibles aux déplacements d’eau et aux gradients de pression produits près de l’animal.
Organisation chez les chimères
Chez les Holocephali, une grande partie du réseau céphalique et latéral peut rester ouverte à la surface sous forme de sillons. Les neuromastes, constitués de cellules ciliées coiffées d’une cupule gélatineuse, y transforment le mouvement relatif de l’eau en signal nerveux. Cette organisation décrit une morphologie sensorielle ; une variation de la distribution des récepteurs ne démontre pas, à elle seule, une différence de performance sensorielle.
L’étude de Hydrolagus bemisi et Harriotta avia publiée en 2025 montre que l’étendue, la largeur et la densité des sillons diffèrent entre espèces et régions du corps. Les auteurs discutent l’influence possible de la forme du rostre et de la distribution des neuromastes sur la détection des perturbations associées aux proies. Cette interprétation fonctionnelle reste une hypothèse appuyée sur les observations anatomiques. Ces variations constituent aussi des caractères descriptifs en systématique.
À distinguer des pores électrosensoriels
Les sillons mécanorécepteurs côtoient les pores des ampoules électrosensorielles. Ces dernières conduisent vers des ampoules remplies de gel qui répondent aux champs électriques faibles. La proximité topographique des deux réseaux n’implique donc ni continuité anatomique ni identité de stimulus.