Demande chimique en oxygène
La demande chimique en oxygène (DCO) mesure la quantité d’oxydant consommée par les substances oxydables d’un échantillon d’eau dans des conditions analytiques définies. Le résultat, exprimé en milligrammes d’oxygène par litre (mg O₂/L), constitue un indicateur global de charge polluante. Il ne correspond ni à une concentration réelle d’oxygène dissous ni à l’identification des composés présents.
Principe de la mesure
Dans la méthode au dichromate, un volume connu d’échantillon est digéré en milieu fortement acide avec un excès de dichromate de potassium. La quantité de dichromate réduite est ensuite déterminée, par titrage ou colorimétrie, puis convertie en équivalent oxygène. La méthode EPA 410.4 chauffe les tubes fermés à 150 °C pendant deux heures et mesure la réponse à 600 nm.
La DCO couvre de nombreux composés organiques et certaines substances minérales réductrices. Elle est généralement supérieure à la demande biochimique en oxygène, car l’oxydation chimique atteint aussi une partie de la matière peu ou non biodégradable. Le rapport entre ces deux indicateurs dépend toutefois de la composition de l’effluent et ne constitue pas à lui seul une mesure universelle de biodégradabilité.
Interférences et limites
Les chlorures sont oxydés par le dichromate et produisent un biais positif, particulièrement important dans les eaux saumâtres ou marines. Le sulfate de mercure utilisé par certaines méthodes complexe une partie des chlorures, mais introduit lui-même un réactif très toxique. Les résultats restent liés à la méthode, à sa gamme de mesure, au traitement des blancs et à la matrice de l’échantillon. Deux valeurs obtenues par des protocoles différents ne sont donc comparables que lorsque leurs conditions analytiques sont compatibles.