Dérive génétique
La dérive génétique est la variation aléatoire des fréquences d’allèles d’une génération à l’autre, produite par l’échantillonnage fini des individus et de leurs gamètes. Elle agit dans toute population de taille finie, mais ses effets sont plus rapides et plus marqués lorsque la taille efficace est faible.
Mécanisme et conséquences
Par hasard, certains allèles contribuent davantage que d’autres à la génération suivante. Au fil du temps, un allèle neutre peut se fixer ou disparaître, ce qui réduit la diversité au sein d’une population et augmente la divergence entre populations isolées. La dérive ne produit pas nécessairement une adaptation et peut s’opposer à une sélection faible.
Son intensité dépend de la taille efficace, qui diffère souvent du nombre d’individus recensés. Un sex-ratio déséquilibré, une forte variance du succès reproducteur, les fluctuations d’effectif et les générations chevauchantes peuvent abaisser cette taille. Les goulots d’étranglement et les effets fondateurs sont des situations où l’échantillonnage aléatoire devient particulièrement important.
Application
En conservation et en élevage, la gestion des reproducteurs vise à limiter la perte aléatoire de diversité génétique et l’augmentation de parenté. Dans une écloserie, un grand nombre d’adultes recensés peut masquer une taille efficace de population faible si quelques reproducteurs fournissent l’essentiel de la descendance. Une variation de fréquence observée ne prouve toutefois pas la dérive : la sélection, la migration, la mutation, l’erreur d’échantillonnage et la structure de population constituent d’autres explications possibles.
