Diversité spécifique
La diversité spécifique décrit la variété des espèces dans un assemblage, un habitat ou un territoire délimité. Elle dépend du nombre d’espèces, appelé richesse spécifique, et de la répartition des individus, occurrences ou biomasses entre elles. Elle constitue une dimension de la biodiversité, mais ne mesure pas directement la diversité génétique, fonctionnelle, phylogénétique ni celle des écosystèmes.
Mesure
Une simple richesse compte les espèces détectées sans tenir compte de leur abondance. L’entropie de Shannon accorde un poids intermédiaire aux espèces rares et communes, tandis que l’indice de concentration de Simpson est davantage influencé par les espèces dominantes. Deux communautés possédant la même richesse peuvent ainsi différer fortement si l’une répartit ses individus de manière équilibrée et l’autre est dominée par une seule espèce.
Les valeurs brutes de Shannon et de Simpson ne s’expriment pas en espèces. Leur transformation en nombres effectifs d’espèces permet une lecture commune : la richesse correspond à l’ordre 0, l’exponentielle de Shannon à l’ordre 1 et l’inverse de la concentration de Simpson à l’ordre 2. Une diversité effective de dix signifie alors que l’assemblage est aussi diversifié qu’une communauté théorique de dix espèces également abondantes pour la pondération choisie.
Échelle et échantillonnage
La diversité observée dépend de la surface ou du volume, de la période, de l’effort d’échantillonnage, de la détectabilité et de la résolution taxonomique. Une pêche électrique, un filet, un prélèvement d’ADN environnemental et un inventaire visuel ne détectent pas les mêmes composantes. La raréfaction, l’extrapolation ou des modèles de détection peuvent rendre des efforts plus comparables, sans supprimer les différences de protocole.
À l’échelle locale, la diversité est souvent dite alpha. Le renouvellement de composition entre sites correspond à la diversité bêta, tandis que la diversité d’un ensemble régional est dite gamma. Une moyenne locale stable peut donc masquer une homogénéisation si les mêmes espèces remplacent progressivement des communautés auparavant distinctes.
Distinction avec la biodiversité
La diversité biologique, ou biodiversité, englobe la variabilité au sein des espèces, entre les espèces et entre les écosystèmes. Une diversité spécifique élevée n’indique pas automatiquement un bon état écologique : des espèces introduites peuvent augmenter temporairement la richesse, tandis que la disparition d’espèces caractéristiques altère la composition et les fonctions sans modifier immédiatement un indice global.