Espèce native

Une espèce native, ou indigène, est présente dans une aire donnée par des processus naturels, sans y avoir été transportée par l’être humain. La notion est géographique et historique : une espèce peut être native d’un bassin et introduite dans un bassin voisin, même à l’intérieur d’un même pays.

Aire et période de référence

Le statut dépend d’une aire et d’une période de référence explicites. Une population peut être native d’un bassin hydrographique sans l’être de tous les bassins d’un pays. Une espèce endémique est native et limitée à une aire particulière, tandis qu’une espèce native peut posséder une distribution naturelle très vaste.

Les archives, collections, données archéologiques ou paléontologiques, phylogéographie et connaissances historiques contribuent à reconstituer l’aire naturelle. L’absence de preuve ancienne n’est pas toujours une preuve d’introduction, surtout pour les organismes peu détectables. Les déplacements anciens non documentés peuvent conduire au statut cryptogène, qui conserve l’incertitude plutôt que de la résoudre d’après la seule distribution actuelle.

Distinctions écologiques

Native ne signifie ni inoffensive, ni rare, ni prioritaire pour la conservation. Une population indigène peut devenir très abondante après une perturbation et produire des effets importants ; inversement, une espèce introduite peut rester localisée sans impact mesurable. Le statut biogéographique ne préjuge donc pas de l’abondance, de la valeur patrimoniale ou du risque écologique.

Une expansion spontanée vers une zone nouvellement favorable peut étendre l’aire naturelle sans transport humain direct. Elle se distingue d’une introduction au-delà d’une barrière biogéographique, même lorsque le changement climatique ou un aménagement facilite indirectement le déplacement.

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