Estuarine
Estuarine qualifie ce qui appartient à un estuaire ou dépend de son fonctionnement. Dans cet espace de transition entre bassin versant et mer, les apports fluviaux, les marées et la circulation côtière créent des gradients très mobiles. Le mot décrit donc un contexte écologique et hydrodynamique, et non une plage universelle de salinité.
Un milieu de transition variable
L’eau douce et l’eau de mer peuvent être bien mélangées ou former des couches, avec une eau plus salée et plus dense sous une eau moins salée. La position du front salin se déplace avec le débit du fleuve, le cycle de marée, le vent et la géométrie du bassin. Température, turbidité, oxygène dissous, nutriments et nature des sédiments varient aussi sur de courtes distances et au fil des heures ou des saisons.
Cette variabilité distingue le caractère estuarien d’une simple valeur instantanée de salinité. Certains estuaires deviennent presque doux pendant une crue, tandis que d’autres reçoivent peu d’eau continentale durant une saison sèche. Les vasières, chenaux, prés salés, mangroves ou herbiers associés forment une mosaïque d’habitats reliés par les marées.
Organismes et fonctions écologiques
Une espèce dite estuarine peut accomplir tout son cycle de vie dans l’estuaire ou n’y séjourner qu’à un stade déterminé. De nombreux poissons marins ou migrateurs utilisent ces milieux comme nourriceries, zones d’alimentation, refuges ou voies de passage entre eau douce et mer. Leur présence dépend notamment de leur tolérance aux changements de salinité, de température et d’oxygène.
Les estuaires retiennent et transforment une partie des matières apportées par le bassin versant. Leur forte productivité peut soutenir des réseaux trophiques abondants, mais leur faible renouvellement local et leurs gradients naturels compliquent l’interprétation d’une mesure isolée. Une observation estuarienne prend son sens avec sa position, sa profondeur, l’état de la marée, la saison et le débit fluvial.