Insémination
L’insémination est le transfert de spermatozoïdes dans les voies génitales ou au voisinage immédiat des ovocytes d’une femelle. Elle décrit la mise en présence des gamètes mâles avec l’appareil reproducteur femelle, et non leur fusion : la fécondation constitue une étape distincte qui peut survenir immédiatement, après un stockage interne, ou après la ponte selon l’espèce.
Diversité chez les poissons
Chez la majorité des poissons osseux à fécondation externe, ovules et laitance sont libérés dans l’eau ; le mot insémination est alors peu approprié à la ponte naturelle. Chez certaines lignées, le mâle introduit du sperme dans l’appareil génital femelle au cours d’une copulation. Un organe intromittent, tel qu’un gonopode chez de nombreux Poeciliidae, facilite ce transfert.
Une insémination interne n’implique pas toujours le même calendrier de fécondation. Les spermatozoïdes peuvent être conservés dans l’ovaire ou les voies génitales, puis féconder les ovocytes ultérieurement. Chez quelques téléostéens inséminateurs, l’association spermatozoïde-ovocyte se forme dans l’ovaire mais la fusion des gamètes n’est déclenchée qu’après leur émission dans l’eau. Les termes insémination, fécondation interne et viviparité ne sont donc pas synonymes.
Intervention en élevage
En reproduction contrôlée, l’insémination artificielle désigne l’apport d’une semence collectée à des ovocytes ou dans l’appareil reproducteur femelle. La méthode la plus courante en pisciculture reste toutefois la fécondation artificielle après stripping : ovules et laitance sont recueillis séparément, mélangés dans des conditions maîtrisées puis mis en contact avec l’eau d’activation.
La qualité des gamètes, leur dilution, la température, le délai de manipulation et les caractéristiques du milieu déterminent le succès de l’opération. Les protocoles diffèrent fortement entre espèces, notamment parce que la motilité spermatique et la durée de fécondabilité des ovocytes ne répondent pas aux mêmes conditions osmotiques.
