Labyrinthe
Le labyrinthe est un organe respiratoire aérien pair caractéristique des poissons Anabantoidei. Installé dans des chambres suprabranchiales, il comporte des lamelles osseuses repliées recouvertes d’un épithélium mince et vascularisé. L’air gobé à la surface y échange de l’oxygène et du dioxyde de carbone avec le sang. Les branchies restent fonctionnelles et assurent parallèlement les échanges dans l’eau.
Anatomie et fonction
Chaque chambre se situe au-dessus d’une branchie et communique avec la cavité pharyngobranchiale. Les plaques portées par des os de l’arc branchial créent une surface complexe, à l’origine du nom « labyrinthe ». L’épithélium respiratoire réduit la distance de diffusion, tandis que le réseau vasculaire transporte les gaz échangés.
La taille, le nombre de replis et la vascularisation changent au cours du développement et diffèrent entre lignées. Les larves dépendent d’abord principalement des branchies ; la respiration aérienne gagne en importance avec la maturation de l’organe. Anabantidés, gouramis et poissons combattants n’atteignent pas tous la même dépendance à l’air.
Ventilation aérienne
Le poisson monte en surface, prélève une bulle dans la bouche puis la transfère vers les chambres suprabranchiales. Les mouvements bucco-operculaires renouvellent ensuite l’air et l’expulsent. Fréquence des prises, volume et part de l’oxygène aérien varient avec l’activité, la température, l’oxygène dissous, la teneur de l’air et l’espèce.
Portée biologique
Cette respiration aérienne favorise l’occupation d’eaux chaudes, stagnantes ou pauvres en oxygène dissous. Elle ne rend pas les poissons indépendants de l’eau : branchies, peau, équilibre ionique et excrétion restent exposés à sa qualité. Un accès empêché à la surface peut devenir critique chez les espèces fortement dépendantes de l’air, même si l’eau contient encore de l’oxygène.
Le labyrinthe caractérise les Anabantoidei, qui ne représentent qu’une partie des Anabantiformes. D’autres poissons respirant l’air utilisent intestin, vessie gazeuse, peau ou organes suprabranchiaux d’une autre architecture. Une fonction respiratoire et une position au-dessus des branchies ne démontrent donc pas à elles seules une homologie avec le labyrinthe anabantoïde.