Limivore
Un organisme limivore ingère un sédiment fin, souvent vaseux, afin d’en exploiter la fraction nutritive. Son alimentation provient surtout de détritus organiques, de microorganismes, de microalgues et de petites particules associées aux grains. Le terme décrit ainsi un mode d’alimentation sur ou dans le dépôt, et non la consommation nutritive du limon minéral lui-même.
Ingestion et sélection du dépôt
Les animaux limivores avalent un mélange de matière minérale et organique. Le tri peut intervenir avant l’ingestion par la bouche et les structures sensorielles, puis dans le tube digestif selon la taille, la densité et la digestibilité des particules. La majeure partie de la fraction minérale traverse l’intestin et retourne au milieu, tandis qu’une part de la matière organique et des microorganismes est assimilée.
Chez les poissons détritivores amazoniens, des espèces coexistant dans les mêmes lacs ingèrent des dépôts de composition différente et n’en assimilent pas la matière organique avec la même efficacité. La catégorie limivore ne permet donc pas de déduire un régime identique, une valeur énergétique fixe ou une absence de sélection.
Distinctions écologiques
Le limivore constitue un cas de détritivore ou de consommateur de dépôt. Il se distingue d’un filtreur qui capture des particules en suspension et d’un brouteur qui prélève principalement le biofilm à la surface d’un support, même si ces stratégies peuvent se combiner. La granulométrie du sédiment, sa teneur organique, l’oxygénation et la saison modifient la ressource réellement disponible. Le limon ne représente qu’une classe granulométrique parmi les matériaux susceptibles d’être ingérés.