Malaïgue
Une malaïgue est une crise de désoxygénation aiguë d’une lagune littorale, particulièrement décrite dans les étangs méditerranéens comme celui de Thau. Le mot occitan signifie « mauvaise eau ». Lorsque l’oxygène dissous devient insuffisant puis disparaît, les organismes aquatiques peuvent mourir et les processus microbiens anaérobies favorisent l’accumulation de sulfures toxiques.
Déclenchement et propagation
Ces crises apparaissent surtout pendant des périodes chaudes, calmes et peu ventilées. Une température élevée diminue la solubilité de l’oxygène, tandis que la respiration des organismes et la décomposition d’une forte quantité de matière organique augmentent sa consommation. La stratification de la colonne d’eau et le faible renouvellement limitent alors la réoxygénation des couches profondes.
L’anoxie se développe souvent près du fond, où les sédiments riches en matière organique consomment de l’oxygène. Elle peut ensuite gagner une plus grande partie de la lagune. En conditions réductrices, les sulfates de l’eau de mer sont transformés en sulfures ; ceux-ci renforcent la toxicité du milieu et peuvent donner aux eaux un aspect blanchâtre. Une prolifération puis une dégradation d’algues peut contribuer à la charge organique, mais ne constitue pas l’unique mécanisme possible.
Conséquences
La malaïgue provoque des mortalités de poissons et d’invertébrés benthiques et peut détruire des élevages conchylicoles. Son étendue et son intensité dépendent de la température, du vent, du brassage, de la profondeur et des stocks de matière organique. Il s’agit d’une perturbation biogéochimique du milieu, non d’une maladie infectieuse transmissible.
