Nageoire adipeuse
La nageoire adipeuse est un appendice médian situé sur le dos de nombreux poissons téléostéens, entre la nageoire dorsale principale et la nageoire caudale. Généralement petite et charnue, elle n’est pas une réserve de graisse. Sa structure, son développement et son soutien squelettique varient fortement entre lignées.
Une nageoire variable
La forme la plus simple comprend un repli de peau contenant du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs. Contrairement à une description ancienne très répandue, la nageoire adipeuse n’est pas toujours dépourvue de squelette. Certaines espèces de poissons-chats et de characiformes possèdent une épine antérieure, des plaques endosquelettiques ou de véritables rayons de nageoire, les lépidotriches.
Elle est présente dans plusieurs groupes, notamment chez de nombreux salmoniformes, siluriformes, characiformes, myctophiformes et aulopiformes, mais sa présence n’est pas universelle au sein de tous ces ensembles. Elle ne constitue donc pas, isolément, un caractère suffisant pour identifier une famille.
Développement et évolution
Dans plusieurs lignées étudiées, la nageoire adipeuse se forme par conservation et transformation d’une portion du repli médian larvaire. Chez certains characiformes, elle se développe au contraire comme un bourgeon apparu après la résorption de ce repli. Les analyses phylogénétiques indiquent plusieurs origines évolutives indépendantes plutôt qu’une seule origine suivie de pertes répétées.
Cette diversité explique pourquoi deux nageoires adipeuses placées au même endroit ne sont pas nécessairement identiques par leur histoire développementale ou leurs tissus de soutien. Les rayons osseux eux-mêmes ont été acquis secondairement dans plusieurs lignées.
Fonction
La nageoire est innervée chez les espèces étudiées, ce qui exclut l’idée d’un simple lambeau inerte. Des fonctions hydrodynamiques et sensorielles ont été proposées, avec des résultats dépendant des espèces et des dispositifs expérimentaux. Il reste prudent de ne pas attribuer une fonction unique à toutes les nageoires adipeuses.
L’ablation est utilisée dans certains programmes de marquage de salmonidés d’élevage. Ce geste retire toutefois un tissu vivant et ne doit pas être présenté comme biologiquement neutre sans considérer l’espèce, le stade, le protocole et les règles de bien-être applicables.