Papille génitale
La papille génitale est une saillie tissulaire située sur la face ventrale, au voisinage de l’anus et de l’orifice génital, chez certaines espèces de poissons. Elle entoure ou prolonge la portion terminale des voies génitales par laquelle sont émis les ovocytes ou le sperme. Sa présence, sa structure et son aspect varient selon l’espèce, le sexe, l’âge et l’état reproducteur ; elle ne constitue donc pas un caractère universel de sexage.
Anatomie et fonction
La papille génitale ne constitue pas un organe uniforme chez tous les poissons. Selon l’organisation anatomique de l’espèce, les voies génitales et urinaires débouchent séparément ou cheminent dans une même structure. Lorsque la papille contient à la fois la terminaison du conduit génital et celle des voies urinaires, le terme papille urogénitale décrit plus précisément cette organisation.
Chez les femelles, les ovocytes sont évacués par le conduit génital et son orifice terminal. Chez les mâles, le sperme emprunte le canal spermatique. Dans certaines espèces à fécondation interne, la papille du mâle est allongée et participe au transfert du sperme ; elle peut alors présenter une spécialisation plus marquée que chez les espèces à fécondation externe. Une étude histologique menée chez la sébaste coréenne Sebastes schlegelii montre, par exemple, que la papille urogénitale du mâle adulte contient le canal spermatique et l’uretère.
Variabilité et détermination du sexe
La forme de la papille peut constituer un caractère sexuel secondaire chez certaines espèces. Une papille plus large ou arrondie chez la femelle et plus étroite ou pointue chez le mâle est notamment décrite chez plusieurs gobioïdes. Cette distinction n’est toutefois pas universelle : la morphologie diffère entre espèces et peut évoluer avec la maturité sexuelle, la saison de reproduction ou les variations hormonales.
L’examen de la région urogénitale contribue donc à déterminer le sexe lorsque des différences propres à l’espèce et au stade de maturité sont connues. Sa fiabilité diminue chez les individus immatures ou hors période de reproduction, et l’aspect peut être modifié par une inflammation, un prolapsus ou une lésion. La contention et la pression exercée sur l’abdomen ajoutent un risque de stress ou de traumatisme, particulièrement chez une femelle proche de la ponte.
Le nom « papille de frai » est parfois employé comme synonyme. « Papille urogénitale » s’applique plus précisément lorsque les voies génitales et urinaires sont associées dans la structure décrite.