Parthénogénèse

La parthénogenèse est le développement d’un embryon à partir d’un ovocyte sans fusion avec un gamète mâle. Elle constitue un mode de reproduction dont les mécanismes et la dépendance éventuelle à un spermatozoïde varient. Chez les poissons, une naissance en l’absence apparente de mâle ne suffit pas à la démontrer : une fécondation antérieure peut parfois l’expliquer.

Développement et origine du génome

Le critère central est l’absence de contribution génétique résultant d’une fusion avec un gamète mâle. L’ovule, ou plus précisément l’ovocyte au stade considéré, fournit le matériel à l’origine du descendant. Cette définition ne suppose pas que tous les descendants soient des copies génétiques exactes de la mère.

Dans les formes apomictiques, la méiose est évitée ou modifiée de façon à conserver largement le génome maternel. Dans les formes automictiques, une méiose intervient et la diploïdie est ensuite rétablie. Les conséquences sur l’hétérozygotie dépendent du mécanisme ; automixie et clonage ne sont donc pas deux noms interchangeables.

Parthénogenèse autonome et gynogenèse

La parthénogenèse autonome ne dépend pas d’un spermatozoïde pour déclencher le développement. La gynogenèse est, au contraire, une reproduction spermato-dépendante : le spermatozoïde active normalement le développement sans transmettre son génome au descendant. Certains usages la classent parmi les formes de parthénogenèse, mais la dépendance à un partenaire reste une différence biologique importante.

La synthèse de Lampert et Schartl consacrée à Poecilia formosa illustre cette seconde situation. Elle décrit aussi des exceptions à l’exclusion du génome paternel. Le modèle gynogénétique habituel d’une espèce ne garantit donc pas que chaque descendant possède exactement la même origine chromosomique.

L’hybridogenèse constitue une autre organisation de la reproduction : les génomes parentaux n’y suivent pas le même devenir que dans une gynogenèse stricte. L’androgenèse, centrée sur le génome paternel, se distingue également d’un développement issu du génome maternel. Réunir ces mécanismes sous le seul mot « reproduction unisexuée » masque leurs différences.

Un cas documenté chez les requins

Chapman et ses collègues ont apporté en 2007 une preuve génétique de parthénogenèse chez le requin-marteau Sphyrna tiburo. L’intérêt de cette observation tient à la vérification de l’origine du descendant, au-delà du seul constat d’une naissance chez une femelle maintenue sans mâle.

Cette observation démontre une possibilité chez l’espèce étudiée ; elle ne décrit pas le mode habituel de reproduction de tous les requins. Un événement facultatif et une lignée dont la reproduction est durablement unisexuée correspondent à des situations différentes.

Limites d’interprétation

L’absence de mâle dans un groupe observé ne suffit pas à exclure une conservation antérieure de spermatozoïdes. De même, l’absence d’accouplement vu par un observateur ne prouve pas une absence de fécondation. Les données génétiques et cytologiques permettent de distinguer les mécanismes possibles.

La parthénogenèse ne garantit ni une descendance viable à long terme ni le maintien de toute la diversité génétique maternelle. La qualification du mécanisme, le stade étudié et les résultats effectivement obtenus donnent ainsi leur portée aux observations.

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