Pharyngognathie
La pharyngognathie est une organisation spécialisée de l’appareil des mâchoires pharyngiennes chez certains poissons. Les éléments inférieurs droit et gauche, dérivés des cinquièmes cératobranchiaux, sont réunis en une unité fonctionnelle. Un dispositif musculaire les relie au neurocrâne, tandis que les mâchoires pharyngiennes supérieures s’articulent avec celui-ci. Cette organisation participe au traitement des aliments derrière la bouche.
Une organisation anatomique précise
Les mâchoires pharyngiennes appartiennent à la région des arcs branchiaux. Elles se distinguent des mâchoires orales, qui saisissent ou prélèvent la nourriture. Les dents pharyngiennes interviennent ensuite dans son traitement avant la déglutition.
Dans la pharyngognathie, l’union des éléments inférieurs et leur suspension musculaire favorisent une morsure pharyngienne efficace. Les éléments inférieurs ne sont pas des pharyngobranchiaux : ce nom appartient à la partie supérieure de l’appareil branchial. Leur réunion ne doit pas non plus être confondue avec l’articulation des éléments supérieurs sur le crâne.
La présence de dents dans le pharynx ne suffit donc pas à qualifier un poisson de pharyngognathe. Le terme décrit une combinaison de relations entre os, articulations et muscles, plutôt qu’un simple emplacement de dents.
Fonction alimentaire
La séparation partielle entre prise orale et traitement pharyngien permet des spécialisations différentes de ces deux appareils. Selon la lignée et le régime, les aliments peuvent être écrasés, triturés ou autrement préparés avant leur passage dans l’œsophage. La forme des surfaces dentées et la mécanique de l’ensemble varient entre espèces.
Cette organisation ne correspond pas à un régime unique. Elle peut soutenir des usages alimentaires divers, et sa présence ne démontre pas à elle seule une capacité particulière à consommer toutes les proies dures.
Plusieurs origines évolutives
Les travaux phylogénétiques ont remis en cause l’idée d’une apparition unique chez les anciens « labroïdes ». L’étude de Wainwright et ses collègues, publiée en 2012, distingue plusieurs acquisitions indépendantes, notamment dans des lignées comprenant les Labridae et les cichlidés.
La pharyngognathie constitue ainsi une innovation fonctionnelle répétée. Son association avec des groupes riches en espèces n’établit toutefois pas qu’elle explique, seule, leur diversification : la mécanique, l’histoire des lignées et les possibilités écologiques contribuent ensemble aux trajectoires observées.