Placenta
Un placenta est une association anatomique étroite entre des tissus maternels et embryonnaires qui assure des échanges pendant le développement interne. Chez certains poissons vivipares, des placentas ont évolué indépendamment à partir de tissus différents de ceux des mammifères. Le terme décrit donc une fonction et une interface d’échange, sans impliquer une structure unique commune à tous les vertébrés.
Organisation et fonctions
Une interface placentaire rapproche une surface maternelle vascularisée ou sécrétrice d’une surface appartenant à l’embryon ou à ses annexes. Elle peut faciliter l’apport de nutriments, d’eau et d’ions, les échanges gazeux ainsi que l’élimination de déchets métaboliques. La nature des tissus, leur degré d’imbrication et leur perméabilité varient fortement entre lignées.
Le placenta n’établit pas nécessairement un contact direct entre les deux circulations sanguines. Il se reconnaît par l’organisation anatomique et la fonction d’échange de l’interface : la seule rétention d’embryons dans l’appareil reproducteur ou la naissance de jeunes vivants ne constitue pas un placenta.
Diversité chez les poissons
Chez les Poeciliidae, le follicule ovarien maternel peut s’associer à des membranes embryonnaires pour former un placenta folliculaire. Dans le genre Poeciliopsis, des espèces proches présentent une gamme allant d’une nutrition principalement vitelline à un transfert maternel important après la fécondation. Les analyses phylogénétiques indiquent plusieurs acquisitions indépendantes de placentas dans ce groupe.
D’autres poissons vivipares utilisent des interfaces issues de l’ovaire, de l’oviducte, du sac vitellin ou d’autres annexes. Ces structures sont convergentes : elles remplissent des fonctions comparables sans être nécessairement homologues. Le taxon et les tissus concernés déterminent ainsi le type de placenta, sans transposition automatique du modèle des mammifères.
Placenta et nutrition embryonnaire
La matrotrophie désigne tout apport maternel postérieur à la fécondation. Un placenta peut en être le support, mais la matrotrophie peut aussi reposer sur des sécrétions, l’ingestion d’ovocytes ou d’autres mécanismes. À l’inverse, les embryons principalement dépendants du vitellus relèvent de la lécithotrophie, même si des échanges non nutritifs avec la mère persistent.