Lécithotrophie
La lécithotrophie est un mode de nutrition embryonnaire dans lequel les ressources nécessaires au développement proviennent principalement du vitellus accumulé dans l’ovocyte avant la fécondation. Elle existe chez les animaux ovipares comme chez certains vivipares. Elle décrit l’origine des nutriments, non le lieu où l’embryon se développe ni la manière dont le jeune est libéré.
Origine des ressources
Le vitellus contient des lipides, des protéines et d’autres réserves déposées dans l’ovocyte pendant l’ovogenèse. Après la fécondation, l’embryon mobilise ces réserves pour son métabolisme et sa croissance. Une partie de l’énergie étant dissipée et des produits étant éliminés, la masse sèche de l’embryon et de ses réserves diminue habituellement au cours d’un développement strictement lécithotrophe.
Cette stratégie demeure une forme d’investissement maternel : la femelle a constitué les réserves avant la fécondation. Elle se distingue de la matrotrophie, définie par un apport maternel supplémentaire après la fécondation.
Oviparité et viviparité
Chez un animal ovipare, les réserves de l’œuf soutiennent généralement le développement après la ponte. Une espèce vivipare peut également être lécithotrophe lorsque les embryons sont retenus dans l’appareil reproducteur mais dépendent surtout du vitellus. Le terme ovovivipare a souvent servi à désigner cette situation, mais son usage varie selon les auteurs.
Lécithotrophie et matrotrophie ne forment pas toujours deux catégories parfaitement séparées. Un embryon peut utiliser une grande réserve vitelline tout en recevant de l’eau, des gaz respiratoires, des ions ou une faible quantité de nutriments maternels. La qualification doit donc préciser le critère mesuré et l’espèce étudiée.
Mesure et limites
Chez les poissons vivipares, l’évolution de la masse sèche entre la fécondation et la naissance peut estimer l’importance de l’apport postfécondation. Cet indice dépend toutefois du stade échantillonné, des coûts métaboliques et des méthodes de mesure ; il ne constitue pas un seuil universel applicable sans validation au taxon étudié.
Références
- Wourms J. P., Grove B. D. et Lombardi J. (1988). « The Maternal-Embryonic Relationship in Viviparous Fishes ». Fish Physiology, 11B, 1–134. https://doi.org/10.1016/S1546-5098(08)60213-7
- Reznick D. N., Mateos M. et Springer M. S. (2002). « Independent Origins and Rapid Evolution of the Placenta in the Fish Genus Poeciliopsis ». Science, 298, 1018–1020. https://doi.org/10.1126/science.1076018
- Blackburn D. G. (2015). « Evolution of vertebrate viviparity and specializations for fetal nutrition: A quantitative and qualitative analysis ». Journal of Morphology, 276, 961–990. https://doi.org/10.1002/jmor.20272