Plasticité phénotypique
La plasticité phénotypique est la capacité d’un même génotype à produire des phénotypes différents selon les conditions rencontrées. Elle peut modifier la physiologie, la morphologie, le comportement, le développement ou le calendrier de reproduction. La réponse peut être rapide ou différée, réversible ou durable, et son existence ne signifie pas nécessairement qu’elle améliore la survie ou la reproduction.
Réponse de l’organisme à son milieu
Chez un poisson, la température, la salinité, l’oxygène, la nourriture, la densité sociale ou la présence de prédateurs peuvent modifier le phénotype. Une variation de la ventilation, de l’osmorégulation ou du métabolisme peut apparaître en quelques heures, alors qu’une modification de la forme corporelle ou du développement exige une exposition plus longue, parfois pendant une fenêtre sensible de la vie juvénile.
L’acclimatation constitue une forme de plasticité physiologique observée chez un individu, mais la plasticité est un concept plus large. Elle inclut aussi des changements comportementaux et développementaux, ainsi que des différences entre environnements dans l’expression d’un caractère. Une différence entre deux populations naturelles ne prouve toutefois pas une réponse plastique : elle peut aussi résulter de différences de génotype, d’histoire individuelle ou de composition démographique.
Normes de réaction et évolution
La relation entre un environnement et le phénotype produit par un génotype est appelée norme de réaction. Des génotypes peuvent différer non seulement par la valeur moyenne d’un caractère, mais aussi par l’amplitude ou la direction de leur réponse. Les expériences en milieu commun et les transferts réciproques aident à distinguer ces composantes génétiques et environnementales.
Une réponse plastique est adaptative lorsqu’elle augmente la valeur sélective dans l’environnement qui l’induit. Elle peut aussi être neutre, coûteuse ou inadaptée si le signal perçu prédit mal les conditions futures. Comme la plasticité elle-même possède souvent une variation génétique, elle peut évoluer sous l’effet de la sélection naturelle. Elle peut amortir temporairement un changement environnemental, exposer de nouveaux phénotypes à la sélection ou, au contraire, maintenir un organisme dans des conditions dépassant ensuite ses capacités d’ajustement.