Sélection naturelle
La sélection naturelle est le processus par lequel des différences héritables entre individus entraînent des différences de survie ou de reproduction. Au fil des générations, les variants associés à une contribution relative plus grande à la descendance peuvent devenir plus fréquents. Le processus agit sur des phénotypes dans un environnement donné, sans objectif préétabli.
Conditions et échelles
Trois éléments sont nécessaires : une variation entre individus, une part transmissible de cette variation et une association avec le succès reproducteur relatif. La mutation et la recombinaison produisent ou redistribuent des variants ; elles ne les créent pas parce qu’ils seraient utiles. Leur effet dépend du milieu, du stade de vie, du sexe et des interactions avec les autres gènes.
La sélection peut être directionnelle, stabilisante ou divergente selon la relation entre la valeur d’un caractère et la valeur sélective. Elle ne garantit ni perfection ni progression vers une complexité croissante. Une contrainte historique, un compromis entre fonctions ou un changement environnemental peut maintenir un caractère apparemment sous-optimal.
Poissons sauvages et élevés
Chez les poissons, la température, la salinité, les prédateurs, les agents infectieux et l’accès aux partenaires peuvent imposer des pressions différentes selon les populations. La pêche peut aussi modifier le succès reproducteur de phénotypes liés à la taille, à l’âge de maturation ou au comportement.
En captivité, les individus restent soumis à la sélection naturelle, mais le milieu d’élevage change les pressions. Cette sélection involontaire se distingue de la sélection artificielle, où l’humain choisit explicitement les reproducteurs. Des poissons adaptés aux bassins peuvent ainsi perdre une partie de leur performance en milieu naturel, ce qui importe lors des échappements ou des programmes de repeuplement.