Poche ventrale
Chez les Syngnathidae, la poche ventrale est une structure incubatrice portée par le mâle sur la face inférieure du tronc ou de la queue. La femelle y transfère ses œufs, puis le mâle protège les embryons jusqu’à la libération de jeunes autonomes. Le terme recouvre plusieurs anatomies, depuis une surface d’attache exposée jusqu’à une poche entièrement fermée.
Une diversité de formes
Chez certains poissons-aiguilles, les œufs adhèrent à une zone ventrale ouverte, dépourvue de replis protecteurs. Dans d’autres espèces, deux replis latéraux couvrent partiellement ou complètement la ponte. Chez les hippocampes, les bords sont soudés et délimitent une poche close munie d’un orifice. La structure peut se trouver sous l’abdomen ou le long de la queue selon la lignée.
La poche n’est donc pas nécessairement une cavité « dans le corps » du parent. Elle dérive de tissus cutanés mâles et sa fermeture varie. Les dragons de mer présentent aussi une zone incubatrice ventrale, mais leurs œufs restent fixés extérieurement plutôt qu’enfermés dans un sac comparable à celui des hippocampes.
Incubation paternelle
Les œufs fécondés sont maintenus contre un épithélium vascularisé. La poche les protège mécaniquement, participe aux échanges gazeux et ioniques et règle le milieu osmotique au cours du développement. Dans les formes les plus spécialisées, ses tissus établissent des contacts étroits avec les enveloppes embryonnaires et contribuent à des échanges de nutriments et de déchets, sans être homologues à l’utérus ou au placenta des mammifères.
La fécondation est associée au transfert des œufs, mais son lieu précis et le trajet des spermatozoïdes restent variables ou difficiles à observer selon les espèces. La « grossesse mâle » désigne surtout l’incubation prolongée des embryons par un mâle fonctionnel, qui produit les spermatozoïdes, tandis que la femelle produit et transfère les ovocytes.
À la fin de l’incubation, des contractions expulsent les jeunes chez les hippocampes et les formes à poche fermée. Il ne s’agit pas de larves nourries après éclosion dans toutes les espèces : le stade libéré et la durée de séjour dépendent du taxon et de son mode d’incubation.