Pollution
La pollution est une altération de l’environnement provoquée par l’introduction directe ou indirecte de substances, d’organismes ou d’énergie susceptibles de nuire aux écosystèmes, à la santé ou aux usages. Dans les milieux aquatiques, elle peut être chimique, biologique, thermique, lumineuse ou sonore. Elle se distingue de la simple présence d’un contaminant : l’exposition et ses conséquences doivent aussi être caractérisées.
Origines et devenir
Une source ponctuelle possède un point d’émission identifiable, comme un rejet industriel ou une conduite d’assainissement. Une pollution diffuse résulte au contraire de nombreux apports dispersés, par exemple le ruissellement de nutriments ou de pesticides à l’échelle d’un bassin versant. Une pollution accidentelle se définit par son caractère imprévu, non par la nature du produit libéré.
Après son entrée dans l’eau, un polluant peut être dilué, transporté, transformé, volatilisé, adsorbé sur les particules ou accumulé dans les organismes. Sa concentration totale ne renseigne donc pas toujours sur la fraction réellement disponible. La biodisponibilité dépend notamment de la forme chimique, du pH, de la salinité, de la matière organique et des propriétés du sédiment. Certains composés persistants peuvent subir une bioaccumulation et circuler dans le réseau trophique.
Effets et évaluation
Les effets s’étendent de réponses moléculaires ou physiologiques à des changements de survie, de reproduction, de comportement et de structure des communautés. Un enrichissement en azote ou en phosphore peut stimuler une production algale excessive, puis favoriser l’hypoxie lors de la décomposition. Une élévation thermique modifie simultanément le métabolisme des organismes et la solubilité de l’oxygène. Le bruit sous-marin ou la lumière nocturne peuvent perturber la communication, l’orientation ou les rythmes biologiques sans laisser de résidu chimique.
L’évaluation associe l’identification des sources, les concentrations dans l’eau, le sédiment ou le biote, la durée et la fréquence d’exposition, ainsi que la sensibilité des espèces et des stades de vie. Une mesure isolée ne permet ni d’attribuer une cause ni de prévoir l’effet écologique. Les normes de qualité environnementale fixent des concentrations à ne pas dépasser pour certains polluants, tandis que la surveillance biologique renseigne sur les conséquences intégrées dans le temps.

