Prion

Un prion est un agent infectieux dont la propagation dépend d’une protéine mal conformée, sans génome d’acide nucléique démontré. La forme anormale impose son repliement à la protéine cellulaire correspondante et favorise son accumulation. Chez les mammifères, ce mécanisme est responsable des encéphalopathies spongiformes transmissibles, maladies neurodégénératives progressives et mortelles.

Nature de l’agent

Le prion se distingue d’un virus, d’une bactérie et d’un parasite : son information infectieuse réside dans une conformation protéique transmissible. Dans les maladies à prions classiques, la protéine prion cellulaire, souvent notée PrP C, adopte une conformation pathologique enrichie en feuillets bêta, souvent notée PrP Sc. Celle-ci peut recruter d’autres molécules de PrP C, former des agrégats et se déposer dans le système nerveux.

L’absence de génome ne rend pas tous les prions identiques. Des conformations distinctes peuvent produire des « souches » aux propriétés biologiques différentes, notamment par leur tropisme, leur durée d’incubation ou leur profil lésionnel. La barrière d’espèce dépend en partie de la séquence de PrP et de la compatibilité conformationnelle entre l’agent et l’hôte.

Résistance et emploi du terme

Les prions résistent à plusieurs procédés qui inactivent les agents contenant des acides nucléiques, mais leur résistance varie selon la matrice, la souche et le traitement. Les procédures usuelles de désinfection ne sont donc pas automatiquement adaptées à ces agents.

Stanley Prusiner a proposé le terme en 1982 à partir de l’expression anglaise proteinaceous infectious particle. « Prion » est un néologisme contracté, non un acronyme formé lettre par lettre. Par extension, la biologie moléculaire emploie aussi « prion » pour des protéines à changement de conformation auto-entretenu, même lorsqu’aucune maladie infectieuse animale n’est en cause.

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