Prion

Un prion est un agent infectieux dont l’activité repose sur une conformation anormale d’une protéine, sans génome propre d’acide nucléique démontré. Dans les maladies à prions des mammifères, cette conformation favorise la conversion de la protéine cellulaire correspondante et une atteinte progressive du système nerveux. La protéine normale, l’agent infectieux et la maladie qu’il provoque sont trois notions distinctes.

Protéine normale et forme pathologique

La protéine prion cellulaire est couramment notée PrPᶜ. Elle est produite par l’organisme et sa seule présence ne signifie pas une infection. Dans les encéphalopathies spongiformes transmissibles, une forme anormale, souvent notée PrPˢᶜ par référence à la tremblante du mouton, possède une organisation spatiale différente. Le changement de conformation peut se maintenir en recrutant d’autres molécules de la protéine correspondante.

L’information associée à l’agent relève donc de l’état de la protéine plutôt que d’un génome viral ou bactérien. L’accumulation de formes anormales et leurs interactions avec les tissus participent aux lésions neurodégénératives. L’expression « maladie à prions » ne désigne toutefois pas tout agrégat protéique observé dans un cerveau : différentes maladies comportent des dépôts de protéines sans être classées parmi ces encéphalopathies transmissibles.

Distinction des autres agents

Un prion ne possède pas l’organisation d’un virus, d’une bactérie ou d’un parasite cellulaire. Le terme proposé par Stanley Prusiner en 1982 contracte l’expression anglaise proteinaceous infectious particle. Il s’agit d’un néologisme et non d’un acronyme constitué des initiales successives de cette expression.

Des conformations différentes peuvent correspondre à des comportements biologiques différents. Le mot « souche », utilisé dans ce domaine, n’implique donc pas nécessairement une variation de séquence d’un génome propre à l’agent. La compatibilité entre la protéine de l’hôte et la conformation anormale contribue aussi aux différences de sensibilité entre espèces. Une observation dans une espèce ne permet pas de conclure à une transmission identique à toutes les autres.

Maladies et portée sanitaire

Chez l’humain, la maladie de Creutzfeldt-Jakob fait partie des maladies à prions. Des formes apparentées touchent plusieurs mammifères, notamment la tremblante des petits ruminants et l’encéphalopathie spongiforme bovine. Les maladies humaines peuvent avoir une origine sporadique, génétique ou acquise ; la qualification de transmissible ne signifie donc pas que chaque cas résulte d’une contamination identifiée.

Ces affections sont rares, graves et progressives. Leur reconnaissance relève d’examens spécialisés ; un signe neurologique isolé ne permet pas d’attribuer une maladie à un prion. De même, les connaissances établies chez les mammifères ne suffisent pas à diagnostiquer une maladie à prions chez un poisson à partir de signes peu spécifiques ou de la seule présence d’une protéine apparentée.

Autres emplois du mot

La recherche utilise également les termes « prion » ou « apparenté aux prions » pour des changements de conformation auto-entretenus dans d’autres systèmes biologiques. Ces emplois peuvent décrire un mécanisme moléculaire sans désigner une maladie infectieuse animale. La nature de la protéine, l’organisme concerné et les conséquences biologiques déterminent alors la portée du terme.

La persistance particulière des agents des encéphalopathies transmissibles constitue un sujet de biosécurité spécialisé. Elle ne se déduit pas des propriétés des microbes ordinaires et ne justifie pas de transposer une procédure de désinfection générale à ces agents.

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