Protogyne
Protogyne qualifie un organisme hermaphrodite séquentiel qui exerce d’abord une fonction reproductrice femelle, puis peut acquérir une fonction mâle au cours de sa vie. Chez les poissons, ce caractère décrit une succession fonctionnelle démontrée ; il ne signifie ni que tous les individus changent de sexe, ni que toute grande femelle devient mâle après un âge déterminé.
Formes et diagnostic
Dans un système protogyne monandrique, les mâles fonctionnels proviennent du changement de sexe de femelles. Dans un système diandrique, des mâles primaires, qui n’ont pas fonctionné comme femelles, coexistent avec des mâles secondaires issus d’un changement de sexe. Cette diversité interdit de conclure à la protogynie à partir du seul sex-ratio ou d’une différence moyenne de taille.
Les indices utiles comprennent la structure des tailles, les stades gonadiques intermédiaires et les changements de caractères sexuels. Une démonstration robuste repose toutefois sur l’histologie, le suivi d’individus ou d’autres preuves de reproduction fonctionnelle successive. Le changement peut associer atrésie des ovocytes, développement du tissu testiculaire et modifications endocrines et comportementales, mais leur séquence varie entre taxons.
Chez certaines espèces sociales, la disparition d’un mâle dominant déclenche le changement de la plus grande femelle. Ce mécanisme bien documenté chez plusieurs labres et mérous n’est pas universel et ne permet pas de diagnostiquer une espèce non étudiée.
Protogyne est l’adjectif correspondant à protogynie. Il s’oppose à protandre, qui décrit la succession mâle puis femelle, et se distingue de l’hermaphrodisme simultané et du changement bidirectionnel.