Protozoaire
Protozoaire est un terme historique appliqué à divers eucaryotes unicellulaires, souvent hétérotrophes et mobiles. Il reste employé en écologie, en microscopie et en santé des poissons, mais ne correspond pas à un groupe phylogénétique unique. Les organismes ainsi désignés peuvent être libres, symbiotiques ou parasites ; leur organisation unicellulaire ne détermine ni leur parenté, ni leur effet sur un hôte.
Un regroupement historique
L’ancienne opposition entre protozoaires « animaux » et algues « végétales » reposait largement sur l’alimentation, la mobilité et l’aspect des organismes. Les classifications fondées sur plusieurs caractères, dont les données moléculaires, répartissent ces organismes dans des lignées eucaryotes différentes. Des ciliés, des amibes et des flagellés ne forment donc pas ensemble une branche naturelle simplement parce qu’ils sont unicellulaires.
La mobilité elle-même n’est pas un critère unique : des cellules portent des cils ou des flagelles, se déplacent par pseudopodes, ou sont peu mobiles à certains stades. Des modes de nutrition mixtes compliquent aussi l’opposition entre photosynthèse et ingestion. Une même apparence générale peut ainsi réunir des organismes éloignés.
Certaines anciennes classifications des Protozoa incluaient les myxozoaires ou les microsporidies. Les premiers sont aujourd’hui rattachés aux animaux, parmi les cnidaires, et les secondes aux champignons ou à des lignées étroitement associées selon le cadre retenu. Ces reclassements illustrent les limites des inventaires historiques ; une entrée ancienne « Protozoa » n’est pas automatiquement équivalente au sens descriptif actuel.
Emploi dans les milieux aquatiques
Les protistes unicellulaires participent aux réseaux trophiques, aux interactions microbiennes et au recyclage de la matière. Les micro-organismes comprennent toutefois aussi des bactéries, des archées et d’autres organismes qui ne sont pas des protozoaires.
En pathologie des poissons, certains organismes traditionnellement appelés protozoaires sont des parasites. Leur observation dans un prélèvement ne démontre pas à elle seule une maladie : la localisation, l’abondance, les lésions et l’état de l’hôte participent à l’interprétation. Le nom du groupe ou de l’espèce identifié apporte une information plus précise que le seul qualificatif « protozoaire ».
Le terme reste donc utile lorsque sa portée est claire. Il ne remplace ni une identification taxonomique, ni la distinction entre présence d’un organisme, relation parasitaire et responsabilité dans les signes observés.