Réutilisation des animaux
La réutilisation des animaux est l’emploi, dans une nouvelle procédure expérimentale, d’un animal déjà soumis à une ou plusieurs procédures, alors qu’un animal n’ayant encore subi aucune procédure pourrait aussi être employé. Elle peut contribuer à réduire le nombre total d’animaux utilisés, mais elle n’est acceptable que si l’état de l’individu, son expérience cumulée et la validité scientifique de la nouvelle étude le permettent.
Conditions réglementaires
Dans l’Union européenne, la réutilisation ordinaire exige que la gravité réelle des procédures précédentes ait été légère ou modérée. L’animal doit avoir pleinement retrouvé son état de santé et son bien-être général. La nouvelle procédure doit être classée légère, modérée ou sans réveil et recevoir un avis vétérinaire favorable tenant compte du sort de l’animal pendant toute sa vie.
Une procédure antérieure sévère exclut donc normalement une réutilisation. Dans des circonstances exceptionnelles, l’autorité compétente peut toutefois accorder une dérogation après un examen vétérinaire, à condition que l’animal n’ait pas été utilisé plus d’une fois dans une procédure ayant entraîné une douleur intense, de l’angoisse ou une souffrance équivalente. En France, cette décision relève du ministre chargé de la recherche après avis du comité d’éthique compétent.
Expérience cumulée et qualité scientifique
La récupération ne se limite pas à la disparition d’un signe clinique immédiat. L’évaluation considère les effets successifs de l’hébergement, des manipulations, des anesthésies, des prélèvements, des traitements et des procédures antérieures. Une exposition passée peut aussi modifier la physiologie, le comportement ou la réponse au protocole suivant. L’historique de l’animal est ainsi intégré à la conception, à l’évaluation prospective de la gravité et à l’interprétation des résultats.
Chez les poissons, l’appréciation peut associer état corporel, alimentation, nage, posture, ventilation, lésions, comportement social et récupération après manipulation ou anesthésie. La qualité de l’eau et la stabilité du groupe influencent ces observations. Une identification et une traçabilité adaptées permettent de relier chaque individu à ses utilisations successives et à leur gravité réelle.
La réutilisation ne se confond pas avec plusieurs actes prévus au sein d’une même procédure, ni avec le placement après la fin de l’utilisation scientifique. Les statistiques européennes distinguent le nombre d’animaux utilisés pour la première fois du nombre total d’utilisations, qui comprend les réutilisations ultérieures.