Sélection individuelle
La sélection individuelle, aussi appelée sélection massale, choisit les reproducteurs à partir de leur propre phénotype, sans utiliser explicitement les performances de leur famille. Les candidats sont mesurés dans une population comparable, puis classés selon un caractère ou un indice avant la reproduction.
Conditions d’efficacité
Cette méthode est simple lorsque le caractère est mesurable sur l’animal vivant, suffisamment héritable et exprimé avant la reproduction. La croissance constitue un exemple fréquent. L’âge, le sexe, la densité, la ration, le bac et la saison influencent toutefois la taille ; comparer des poissons élevés dans des conditions ou des cohortes différentes peut sélectionner un avantage environnemental plutôt qu’une valeur génétique.
La sélection individuelle convient mal à une mesure qui détruit le candidat, comme certains caractères de carcasse, ou qui l’expose à un risque sanitaire. L’information des apparentés et la sélection familiale permettent alors d’évaluer indirectement les futurs reproducteurs.
Avantages et limites
La méthode nécessite moins d’infrastructures, de marquage et de suivi généalogique qu’un programme familial. Elle peut conserver de nombreuses familles lorsque les reproducteurs sélectionnés contribuent de façon équilibrée. En revanche, un petit nombre de parents très féconds peut dominer la génération suivante sans que cette concentration soit visible.
La réponse dépend de l’héritabilité, de l’intensité de sélection et de la diversité initiale. Le suivi des contributions parentales et de la consanguinité reste donc pertinent même dans un programme dit massal. La sélection individuelle ne signifie pas qu’un poisson est jugé isolément de son milieu : les performances comparées proviennent d’un protocole commun et d’une population de référence.