Sphaigne
Une sphaigne est une mousse du genre Sphagnum, caractéristique de nombreuses tourbières et autres milieux humides pauvres en nutriments. Ses pousses forment des tapis capables de retenir beaucoup d’eau et d’influencer l’acidité du milieu. La plante vivante n’est ni de la tourbe ni une mousse strictement aquatique, même si certaines espèces occupent des dépressions inondées.
Structure et rétention d’eau
La tige porte des faisceaux de rameaux terminés par un capitulum dense. Les feuilles comprennent des cellules chlorophylliennes vivantes et de grandes cellules hyalines mortes, percées de pores, qui stockent l’eau. À l’échelle du tapis, les espaces entre pousses assurent aussi une remontée capillaire. La capacité de rétention dépend donc de l’espèce, de la densité du peuplement et de la hauteur au-dessus de la nappe.
Les sphaignes échangent des cations et contribuent à acidifier leur environnement. Leurs tissus se décomposent lentement dans les conditions gorgées d’eau, acides et pauvres en oxygène. Lorsque la production végétale excède la décomposition, les résidus s’accumulent et participent à la formation de la tourbe. Cette relation explique l’association fréquente des deux termes sans en faire des synonymes.
Usages et précautions
Des sphaignes séchées ou des produits tourbeux sont utilisés en horticulture et parfois en aquariophilie pour retenir l’humidité ou apporter des substances humiques. Leur effet sur le pH, la conductivité et la coloration de l’eau varie avec l’origine, la préparation et la quantité. Une matière collectée dans la nature peut transporter des sédiments, des microorganismes ou des contaminants.
Les tourbières à sphaignes stockent du carbone sur de longues durées et abritent des communautés spécialisées. Leur extraction ou leur assèchement modifie l’hydrologie et accélère la décomposition de la tourbe. La sphaigne est ainsi un organisme ingénieur de l’écosystème, et non un simple matériau filtrant.