Sphaigne
Une sphaigne est une mousse du genre Sphagnum, fréquente dans les tourbières et d’autres milieux humides. Ses pousses retiennent l’eau et contribuent à transformer leur environnement. La sphaigne vivante est une plante ; la tourbe résulte de l’accumulation et de la décomposition incomplète de matières organiques. Ces deux termes ne désignent donc pas le même matériau.
Une mousse adaptée aux milieux humides
Les sphaignes sont des bryophytes, et non des plantes vasculaires. Les feuilles comprennent des cellules chlorophylliennes vivantes et de grandes cellules hyalines spécialisées dans le stockage de l’eau. La disposition des pousses, les dimensions des feuilles et les propriétés de ces cellules contribuent à l’économie hydrique de la plante.
Les espèces n’occupent pas toutes la même position dans une tourbière. Certaines forment des buttes plus élevées, d’autres vivent dans les dépressions proches de la nappe. L’expérience de Bengtsson et ses collaborateurs sur treize espèces montre que leurs réponses à l’abaissement du niveau d’eau diffèrent. La présence de sphaignes ne suffit donc pas à établir une profondeur d’eau ou une résistance commune à la sécheresse.
Formation de tourbe et stockage du carbone
Lorsque la production végétale dépasse la décomposition, les restes de sphaignes peuvent contribuer à la formation de tourbe. Les propriétés des tissus et les conditions humides limitant leur dégradation interviennent ensemble. Piatkowski et ses collaborateurs ont comparé la décomposabilité de nombreuses espèces : cette propriété varie au sein du genre et participe à son rôle dans le fonctionnement des tourbières.
Une baisse durable de la nappe peut modifier la végétation et le bilan du carbone. Conserver seulement les plantes visibles ne suffit pas à préserver le fonctionnement hydrologique d’une tourbière.
En aquariophilie, le nom peut aussi désigner un matériau végétal commercial. Il faut distinguer la plante vivante, la sphaigne séchée et la tourbe : leur composition et leur état diffèrent. Les études écologiques citées décrivent les plantes et les tourbières ; elles ne démontrent pas l’innocuité ou l’effet d’un produit d’aquarium particulier.