Théorie d'équilibre

La théorie d’équilibre de la biogéographie insulaire, proposée par Robert MacArthur et Edward Wilson, explique la richesse en espèces d’une île par un équilibre dynamique entre colonisation et extinction locales. Le nombre d’espèces tend vers une valeur où le taux d’arrivée de nouvelles espèces égale le taux de disparition, sans que la composition de la communauté devienne nécessairement stable.

Effets de la surface et de l’isolement

Une île proche d’une région source reçoit en général davantage de colonisateurs qu’une île isolée. Une grande île héberge souvent des populations plus nombreuses et une plus grande diversité d’habitats, ce qui réduit le risque d’extinction par rapport à une petite île. La combinaison de la distance et de la surface déplace donc le point d’équilibre attendu. Le modèle prévoit aussi un renouvellement : des espèces peuvent disparaître et être remplacées alors que la richesse totale reste voisine de l’équilibre.

Cette théorie constitue un modèle volontairement simple de biogéographie insulaire. Elle ne décrit pas directement l’identité des espèces, les interactions écologiques, la spéciation, l’histoire géologique ou la qualité des habitats. Des fragments forestiers, récifs isolés, lacs ou réserves peuvent fonctionner partiellement comme des îles d’habitat, mais leur matrice environnante n’est pas toujours une barrière absolue. Les applications à la fragmentation tiennent donc aussi compte de la connectivité, des effets de bord, de l’hétérogénéité et des capacités de dispersion propres aux organismes.

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