Transport intraflagellaire
Le transport intraflagellaire, abrégé IFT, est le déplacement bidirectionnel de complexes protéiques entre la base et l’extrémité d’un cil ou d’un flagelle eucaryote. Distingué du battement flagellaire chez l’algue Chlamydomonas, il livre les composants nécessaires à la construction et à l’entretien de l’organite. Le trajet de retour ramène vers la cellule des complexes et des cargaisons.
Deux directions complémentaires
Le transport antérograde va de la base vers l’extrémité distale du cil. Des moteurs de la famille des kinésines déplacent les assemblages IFT le long des microtubules. Le transport rétrograde suit le chemin inverse et dépend principalement de la dynéine cytoplasmique 2. Ces mouvements ont lieu entre l’axonème, qui constitue l’armature interne, et la membrane ciliaire.
Les complexes IFT transportent des protéines structurales et d’autres composants nécessaires au fonctionnement du cil. Leur organisation permet de coupler les cargaisons aux moteurs puis de réorganiser le transport à l’extrémité. Un moteur, un complexe transporteur et sa cargaison sont des éléments différents du système : observer l’un ne suffit pas à établir que tout le transport fonctionne normalement.
La synthèse de la plupart des protéines ciliaires se déroule dans le corps cellulaire, tandis que l’assemblage de l’axonème s’effectue notamment à son extrémité distale. L’acheminement des composants et le retour du matériel contribuent ainsi au renouvellement d’une structure qui dépasse la surface de la cellule.
Assemblage, entretien et signalisation
L’IFT intervient dans la construction et le maintien de nombreux cils, motiles ou sensoriels. Il contribue aussi à la distribution de protéines nécessaires à la signalisation ciliaire. Une perturbation peut empêcher la formation du cil, modifier sa longueur ou altérer ses fonctions. Les conséquences varient avec le composant atteint, le tissu et l’organisme ; un même aspect morphologique ne désigne pas une cause moléculaire unique.
Le transport intraflagellaire ne correspond pas au battement du cil. Celui-ci repose sur des dynéines axonémales qui produisent des déplacements relatifs entre microtubules et courbent l’organite. Un cil immobile peut donc posséder un transport interne, et un défaut de transport peut affecter une fonction sensorielle sans se manifester d’abord par une anomalie de battement.