Vision
La vision est la perception de la lumière après sa capture par l’œil, sa conversion en signaux nerveux dans la rétine et leur traitement par le cerveau. Chez les poissons, elle renseigne sur les formes, les mouvements, les contrastes, la polarisation ou les couleurs selon les espèces. Ses performances reflètent le milieu lumineux, le mode de vie et l’histoire évolutive.
De la lumière au signal nerveux
Les milieux transparents de l’œil focalisent une image sur la rétine. Les bâtonnets sont particulièrement sensibles aux faibles éclairements, tandis que les cônes assurent surtout la vision diurne et chromatique. Leurs opsines absorbent différentes bandes du spectre. Les circuits rétiniens comparent ensuite les signaux dans l’espace et le temps avant leur transmission aux centres visuels.
L’accommodation visuelle des téléostéens repose généralement sur le déplacement du cristallin, presque sphérique, plutôt que sur une forte modification de sa courbure. La résolution dépend aussi de la densité des photorécepteurs et des cellules ganglionnaires, de l’ouverture pupillaire et de l’organisation des régions spécialisées de la rétine.
Adaptations au milieu aquatique
L’eau absorbe et diffuse la lumière de façon sélective. La profondeur, la turbidité, les matières dissoutes et l’heure modifient donc le spectre disponible. Les poissons peuvent adapter leur sensibilité par la composition en opsines, la proportion de photorécepteurs, les pigments rétiniens et des ajustements rapides entre états lumineux et obscurs.
Une espèce de surface active le jour ne possède pas les mêmes compromis qu’une espèce nocturne, cavernicole ou abyssale. La vision intervient dans l’alimentation, l’évitement des prédateurs, l’orientation et les communications sociales. Son importance relative varie avec les autres sens, notamment l’olfaction, la mécanoréception et, chez certains poissons, l’électroréception.