Aneugène

Un aneugène est un agent physique ou chimique capable de perturber la ségrégation des chromosomes pendant une division cellulaire. Il peut provoquer la perte ou le gain de chromosomes entiers dans les cellules filles, donc une aneuploïdie. Son mode d’action se distingue de celui d’un clastogène, qui induit principalement des cassures ou des réarrangements chromosomiques.

Mécanisme et conséquences

La répartition correcte des chromosomes dépend notamment du fuseau mitotique, des kinétochores formés au niveau des centromères, de la cohésion entre chromatides et des points de contrôle du cycle cellulaire. Un aneugène peut altérer l’un de ces systèmes. Un chromosome entier peut alors rester en retard pendant l’anaphase ou être réparti dans la mauvaise cellule fille.

L’aneuploïdie porte sur un ou plusieurs chromosomes, tandis que la polyploïdie correspond à une variation de jeux chromosomiques complets. Certains mécanismes expérimentaux peuvent produire l’une ou l’autre anomalie ; leur distinction repose sur le nombre et l’identité des chromosomes concernés. Chez les poissons, la portée d’une variation chromosomique dépend de l’espèce, du tissu, du stade de développement et d’une éventuelle polyploïdie naturelle ou induite.

Des substances qui perturbent les microtubules peuvent empêcher leur polymérisation ou leur dépolymérisation normale. D’autres altèrent les moteurs moléculaires, les kinétochores ou les points de contrôle qui retardent la séparation tant que tous les chromosomes ne sont pas correctement attachés. L’effet peut produire une non-disjonction, un chromosome retardataire ou une cellule polyploïde après échec de la division.

Mise en évidence

Un essai de micronoyaux révèle des éléments chromosomiques exclus des noyaux fils après la division. Un micronoyau peut cependant contenir un chromosome entier ou un fragment acentrique. La présence d’un signal centromérique, recherchée par une méthode complémentaire, aide à distinguer une action aneugène d’une action clastogène. Le seul nombre de micronoyaux ne suffit pas à attribuer un mécanisme.

Une réponse positive caractérise un effet génotoxique dans les conditions de l’essai. Elle ne démontre pas automatiquement un effet héréditaire, une maladie chez l’animal entier ou un risque identique pour toutes les espèces.

Dans l’essai in vitro de micronoyaux de l’OCDE, une analyse du contenu centromérique peut préciser le mécanisme lorsque le nombre de micronoyaux augmente. Cette distinction mécanistique complète la relation concentration-réponse, la cytotoxicité et les conditions d’exposition ; elle ne transforme pas l’essai cellulaire en mesure directe d’un effet écologique.

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