Argile

L’argile désigne soit la fraction la plus fine d’un sol ou d’un sédiment, soit un matériau dominé par des minéraux argileux. Ces deux sens ne sont pas équivalents : une particule de taille argileuse peut être du quartz ou un carbonate, tandis qu’un minéral argileux peut former un agrégat plus gros. L’interprétation de la fraction argileuse dépend donc de la convention granulométrique utilisée.

Granulométrie et minéralogie

De nombreuses classifications placent la limite supérieure de la fraction argileuse à 2 micromètres, mais d’autres conventions existent. Elle se distingue alors du limon et du sable par la taille mesurée, non par la seule composition chimique.

Les minéraux argileux sont surtout des silicates hydratés organisés en feuillets. Kaolinite, illite et smectites diffèrent par leur structure, leur charge, leur capacité de gonflement et leur aptitude à retenir des ions. Le kaolin est un matériau riche en kaolinite, pas un synonyme de toute argile.

Propriétés dans l’eau

La grande surface spécifique et les charges des feuillets favorisent l’échange ionique et l’adsorption de substances dissoutes. La capacité d’échange cationique varie fortement selon le minéral, le pH et les ions présents. Les argiles peuvent ainsi immobiliser temporairement certains composés ou, au contraire, participer à leur transport sous forme particulaire.

En suspension, les particules augmentent la turbidité et réduisent la pénétration de la lumière. À forte charge ou selon leur forme, elles peuvent irriter ou colmater les surfaces branchiales. Déposées, elles modifient la perméabilité et les échanges d’oxygène du sédiment. L’innocuité d’un produit argileux utilisé en bassin dépend notamment de sa minéralogie, de sa granulométrie et de ses contaminants ; son origine naturelle ne la garantit pas.

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