Glossaire — A

Audition

L’audition est la capacité sensorielle à détecter des sons et à en extraire des informations utilisables par l’animal. Chez les poissons, elle repose principalement sur l’oreille interne, qui répond au mouvement des particules associé au champ acoustique. Certaines espèces perçoivent aussi indirectement la pression sonore grâce à des structures gazeuses couplées à l’oreille.

Réception du son

Dans l’eau, une onde acoustique comporte une variation de pression et un déplacement oscillatoire des particules. Les poissons détectent directement ce mouvement par l’inertie des otolithes par rapport aux tissus sensoriels de l’oreille interne. L’orientation des cellules ciliées contribue à coder la direction du mouvement, mais les performances varient selon les organes otolithiques, l’espèce et la fréquence.

Une vessie gazeuse peut convertir une variation de pression en mouvement transmis à l’oreille. Ce couplage est particulièrement développé chez certains taxons, notamment par l’appareil de Weber des Ostariophysaires. Il peut élargir la bande de fréquences détectée ou améliorer la sensibilité à la pression sonore, sans rendre identiques les capacités auditives de toutes les espèces qui possèdent une vessie natatoire.

Audition et autres perceptions

La ligne latérale détecte surtout les écoulements et mouvements d’eau proches du corps. Elle complète l’information issue de l’oreille interne, mais ne constitue pas une seconde oreille et ne doit pas être utilisée seule pour définir l’audition. Détecter une vibration au niveau d’un récepteur ou du tronc cérébral ne démontre pas non plus que le poisson puisse la discriminer ou y répondre dans une situation naturelle.

L’audition comprend plusieurs fonctions : seuil de détection, discrimination des fréquences ou des signaux, localisation d’une source et détection dans le bruit ambiant. Une réponse comportementale, une réponse évoquée auditive et une lésion acoustique décrivent donc des phénomènes différents.

Mesure et interprétation

Les seuils comportementaux reposent sur une réponse conditionnée ou spontanée attribuable au son. Les potentiels évoqués auditifs renseignent sur l’activité de récepteurs ou de voies nerveuses, mais leurs seuils ne sont pas automatiquement équivalents à une perception comportementale. Dans tous les cas, le champ expérimental doit être caractérisé en pression et en mouvement des particules, notamment en bassin où les réflexions rendent le stimulus très hétérogène.

Une valeur obtenue pour une espèce, une taille ou un montage ne doit pas être généralisée à tous les poissons. L’état physiologique, le bruit de fond, la profondeur, la proximité des parois et le lien entre vessie gazeuse et oreille peuvent modifier le résultat.

Références

  • Popper, A. N. et Hawkins, A. D. (2021). « Fish hearing and how it is best determined ». ICES Journal of Marine Science, 78, 2325–2336. https://doi.org/10.1093/icesjms/fsab115
  • Popper, A. N., Hawkins, A. D., Sand, O. et Sisneros, J. A. (2019). « Examining the hearing abilities of fishes ». The Journal of the Acoustical Society of America, 146, 948–955. https://doi.org/10.1121/1.5120185

Échangeons sur votre projet et vos besoins.

Nous contacter