Digestibilité
La digestibilité exprime la proportion d’un aliment ou d’un nutriment qui disparaît du tube digestif et devient potentiellement disponible pour l’organisme. En nutrition aquacole, on mesure le plus souvent une digestibilité apparente, calculée à partir de l’ingéré et des matières récupérées dans les fèces. Elle renseigne sur la valeur nutritionnelle sans décrire à elle seule l’utilisation métabolique ultérieure.
Mesure chez les poissons
Le coefficient de digestibilité apparente peut être déterminé directement à partir des quantités ingérées et excrétées, ou indirectement grâce à un marqueur non absorbé incorporé dans l’aliment. L’analyse compare alors les rapports entre le marqueur et le nutriment dans le régime et dans les fèces. Des coefficients distincts sont calculés pour la matière sèche, l’énergie, les protéines, les lipides ou un acide aminé.
La collecte fécale est une source majeure d’incertitude. Le lessivage dans l’eau peut retirer des nutriments des fèces et surestimer la digestibilité, tandis qu’une contamination par de l’aliment non consommé peut la sous-estimer. La méthode de collecte, la température, l’espèce, la taille des poissons, le niveau d’incorporation, la transformation de l’ingrédient et la composition du régime expliquent une part des différences entre valeurs.
Portée de l’indicateur
Une digestibilité élevée n’implique pas que tout le nutriment absorbé soit retenu pour la croissance. Une partie peut être oxydée ou excrétée après absorption. La digestibilité diffère ainsi du rendement d’assimilation et du facteur de conversion alimentaire, qui intègre la performance globale du lot.
Les valeurs sont propres à une combinaison d’ingrédient, de régime, d’espèce et de conditions expérimentales. Elles servent à formuler sur une base digestible, à comparer des matières premières et à estimer les rejets, sans constituer une constante universelle de l’ingrédient.
