Filtration chimique
La filtration chimique désigne, en aquariophilie et en traitement de l’eau, l’emploi d’un média qui retire ou échange des substances dissoutes par adsorption, échange ionique ou réaction chimique. Elle complète la filtration mécanique, qui retient surtout des particules, et la filtration biologique, qui transforme des composés grâce à des microorganismes. Son efficacité dépend du contaminant, du média et des conditions de l’eau.
Médias et mécanismes
Le charbon actif possède une grande surface poreuse sur laquelle certaines molécules organiques s’adsorbent. Il peut réduire des composés responsables d’odeurs ou de coloration et certains résidus organiques, mais il ne retire pas indistinctement tous les polluants. Les résines échangeuses d’ions ciblent des ions selon leur chimie, tandis que certains matériaux minéraux fixent préférentiellement l’ammonium ou le phosphate. La tourbe libère notamment des substances humiques et modifie la composition de l’eau plutôt qu’elle ne constitue un adsorbant universel.
Capacité et limites
Un média possède une capacité finie. Dans un lit de charbon actif, la zone d’adsorption progresse jusqu’à l’apparition du contaminant dans l’eau traitée, appelée percée. La saturation se traduit surtout par une perte d’efficacité ; elle n’implique pas que tous les composés retenus soient soudainement relargués. Le remplacement ou la régénération dépend donc de la charge reçue, du temps de contact et de l’objectif de traitement.
La compétition entre molécules, le pH, la température, le débit et la matière organique dissoute modifient les performances. Une eau claire ne prouve pas l’absence d’un composé toxique, et aucun média chimique ne remplace la maîtrise des apports, le renouvellement d’eau et la surveillance des paramètres pertinents.