Lessivage
Le lessivage est le transfert vers le bas de substances dissoutes ou de particules fines sous l’action de l’eau qui percole dans un sol ou un substrat. En agronomie et en hydrologie, le mot vise souvent les ions mobiles, notamment les nitrates, qui quittent la zone racinaire. En pédologie française, il peut aussi désigner la migration de particules d’argile entre horizons.
Dissolution, transport et rétention
La pluie ou l’irrigation dissout une fraction des composés présents dans les pores du sol. Lorsque l’eau s’infiltre au-delà de la profondeur explorée par les racines, elle entraîne les solutés vers les horizons inférieurs, les drains ou la nappe. Le flux dépend à la fois du volume de drainage et de la concentration de la substance dans l’eau interstitielle.
La mobilité varie fortement selon la charge électrique, la solubilité, le pH, la teneur en matière organique, la texture et l’activité biologique. L’ion nitrate, peu retenu par les surfaces généralement négatives des sols, est souvent mobile. Le phosphate peut au contraire être adsorbé ou précipité, tandis que le comportement d’un produit phytopharmaceutique dépend de sa molécule et de ses produits de transformation. Une substance lessivée n’atteint donc pas automatiquement la nappe, car adsorption, dégradation, prélèvement biologique et dénitrification peuvent réduire le transfert.
Distinctions et effets aquatiques
Le lessivage vertical se distingue du ruissellement de surface, qui transporte de l’eau et souvent des sédiments vers un cours d’eau. Les deux voies peuvent toutefois fonctionner lors du même épisode pluvieux. La lixiviation désigne plus largement l’extraction de constituants solubles par un liquide ; selon les disciplines, les deux termes se recouvrent partiellement.
Dans un bassin versant, le lessivage des nutriments relie les usages du sol à la qualité des eaux souterraines et, après transfert par les nappes ou les drains, à celle des rivières et des milieux côtiers. Son intensité s’évalue par des concentrations et des flux mesurés dans le temps, en tenant compte des apports, de l’absorption par les cultures, du stockage dans le sol et du délai de circulation de l’eau.