Plésiomorphie
Une plésiomorphie est l’état ancestral d’un caractère pour un groupe et une comparaison donnés. Elle a été héritée d’un ancêtre antérieur à l’origine du groupe étudié. Même lorsqu’elle est partagée par plusieurs taxons, elle ne suffit généralement pas à démontrer qu’ils forment ensemble un clade exclusif, car d’autres descendants peuvent aussi l’avoir conservée.
Un état relatif à l’arbre
Les termes ancestral et dérivé ne sont pas des propriétés absolues. Un état peut être plésiomorphe pour un petit groupe tout en ayant été une apomorphie sur une branche plus ancienne. Sa qualification dépend donc du niveau de l’arbre, du groupe externe choisi et de la reconstruction des transformations.
La polarisation d’un caractère peut s’appuyer sur la comparaison avec des taxons extérieurs au groupe étudié, sur des fossiles ou sur d’autres informations historiques. L’état le plus fréquent, le plus simple ou observé chez un organisme actuel considéré comme « primitif » n’est pas automatiquement ancestral. Ces raccourcis peuvent conduire à une interprétation erronée.
Portée phylogénétique
Lorsque plusieurs taxons partagent un état ancestral, cet état est parfois appelé symplésiomorphie. Il peut décrire leur morphologie, mais il ne constitue pas une synapomorphie du sous-ensemble qu’ils forment. Regrouper des taxons uniquement parce qu’ils ont conservé un état ancestral peut produire un groupe paraphylétique, qui exclut certains descendants de leur ancêtre commun.
Une analyse phylogénétique utilise donc la distribution de nombreux états et une hypothèse explicite de transformations. Une révision de l’échantillonnage ou de l’arbre peut modifier l’interprétation d’un état comme plésiomorphe sans changer l’observation anatomique ou moléculaire initiale.
Références
- Wiley E. O. et Lieberman B. S. (2011). Phylogenetics: Theory and Practice of Phylogenetic Systematics, 2e éd. Wiley-Blackwell. https://doi.org/10.1002/9781118017883
- Turjak M. et Trontelj P. (2012). « A method for measuring support for synapomorphy using character state distributions on phylogenetic trees ». Cladistics, 28, 627–638. https://doi.org/10.1111/j.1096-0031.2012.00403.x