Dévonien
Le Dévonien est une période du Paléozoïque comprise entre 419,62 ± 1,36 et 358,86 ± 0,19 millions d’années selon l’échelle chronostratigraphique internationale de juin 2026. Il succède au Silurien et précède le Carbonifère. Cette période documente une grande diversité de vertébrés aquatiques, les premières étapes de l’histoire des tétrapodes et plusieurs crises biologiques majeures.
Une période définie par la stratigraphie
Le Dévonien est une unité de temps ; le système dévonien désigne les roches formées pendant cet intervalle. Les séries inférieure, moyenne et supérieure regroupent sept étages : Lochkovien, Praguien, Emsien, Eifélien, Givétien, Frasnien et Famennien. Leurs limites reposent sur des références stratigraphiques internationales et leur corrélation entre régions.
Les âges numériques expriment une estimation et une incertitude, non une durée observée directement. Ils peuvent être affinés lorsque de nouvelles datations sont disponibles sans changer, à eux seuls, l’identité de la période. Les valeurs d’une ancienne carte ou d’un thésaurus ne remplacent donc pas celles de l’échelle datée utilisée pour une comparaison.
Diversification des vertébrés aquatiques
L’expression « âge des poissons » résume une abondance de formes, mais masque les différences entre faunes et leur renouvellement. Les placodermes cuirassés occupaient des milieux marins et continentaux. Les chondrichthyens, actinoptérygiens et sarcoptérygiens étaient déjà distincts ; leur importance relative ne correspondait pas encore à celle des groupes actuels.
Parmi les sarcoptérygiens, les tétrapodomorphes montrent une acquisition en mosaïque de caractères associés à la transition entre nageoires et membres. Les premiers tétrapodes connus du Dévonien supérieur restaient étroitement associés aux milieux aquatiques. Plusieurs lignées aux combinaisons anatomiques différentes ont coexisté : cette évolution ne se réduit pas à une sortie unique et instantanée de l’eau.
Crises et renouvellement des faunes
Les épisodes de Kellwasser, près de la limite Frasnien–Famennien, et l’événement de Hangenberg, à la fin de la période, affectent différemment les groupes et les milieux. Les mécanismes de ces crises restent discutés ; une variation de diversité ne prouve pas une cause unique commune à tous les organismes.
L’événement de Hangenberg est associé à un renouvellement profond des communautés de vertébrés. Des lignées auparavant dominantes disparaissent, notamment les placodermes, tandis que les actinoptérygiens, chondrichthyens et tétrapodes se diversifient surtout après la crise, au Carbonifère. Le Dévonien représente ainsi une succession de diversifications et de ruptures, plutôt qu’un apogée continu de toutes les lignées de poissons.