Ovipare
Un animal ovipare libère des œufs dont le développement embryonnaire s’achève hors de l’organisme parental. Chez les poissons, la fécondation est souvent externe, mais elle peut aussi avoir lieu avant la ponte. L’oviparité décrit le lieu du développement après la ponte ; elle ne renseigne pas à elle seule sur le nombre d’œufs, les soins parentaux ou l’habitat.
Définition et fécondation
Après la ponte, l’embryon se développe dans un œuf séparé du corps parental jusqu’à l’éclosion. Les réserves nutritives ont été constituées dans l’ovocyte avant la ponte ; ce mode de nutrition relève généralement de la lécithotrophie.
La fécondation n’est pas obligatoirement externe. Chez de nombreux poissons osseux, les gamètes sont libérés dans l’eau et la fécondation suit la ponte. Certains poissons ovipares, notamment parmi les poissons cartilagineux, pratiquent au contraire une fécondation interne puis déposent un œuf fécondé. Des classifications plus strictes réservent « ovuliparité » à la libération des ovocytes suivie de leur fécondation dans le milieu extérieur ; l’usage courant d’oviparité englobe souvent les deux situations.
Développement et soins parentaux
La durée d’incubation, la taille des œufs, leur enveloppe et le stade atteint à l’éclosion varient fortement selon l’espèce et la température. Les œufs peuvent dériver dans la colonne d’eau, adhérer à un substrat, être enfouis, déposés dans un nid ou transportés à l’extérieur du corps d’un parent.
L’oviparité n’implique donc pas une absence de soins. Des poissons gardent, ventilent, nettoient ou déplacent leur ponte. Ces comportements modifient les conditions de développement sans transformer l’espèce en animal vivipare, puisque les embryons demeurent hors de l’appareil reproducteur.
Termes proches et limites
Le terme ovovivipare a été appliqué à des animaux qui retiennent les œufs jusqu’à une éclosion proche de la naissance, avec une nutrition principalement vitelline. Son usage est variable. Pour éviter l’ambiguïté, il convient de préciser séparément le lieu de la fécondation, la durée de rétention, le lieu de l’éclosion et l’origine des nutriments embryonnaires.
Références
- Wourms J. P., Grove B. D. et Lombardi J. (1988). « The Maternal-Embryonic Relationship in Viviparous Fishes ». Fish Physiology, 11B, 1–134. https://doi.org/10.1016/S1546-5098(08)60213-7
- Lodé T. (2012). « Oviparity or viviparity? That is the question… ». Reproductive Biology, 12, 259–264. https://doi.org/10.1016/j.repbio.2012.09.001
- Blackburn D. G. (2015). « Evolution of vertebrate viviparity and specializations for fetal nutrition: A quantitative and qualitative analysis ». Journal of Morphology, 276, 961–990. https://doi.org/10.1002/jmor.20272