Ovovivipare
Le terme ovovivipare désigne traditionnellement un animal qui retient des œufs fécondés dans l’appareil reproducteur jusqu’à leur éclosion ou jusqu’à une naissance immédiatement voisine, les embryons utilisant surtout le vitellus. Son périmètre varie cependant entre disciplines et auteurs. Une description moderne précise plutôt la rétention embryonnaire, le mode de nutrition et le moment de l’éclosion.
Portée du terme
Dans son sens le plus fréquent, l’œuf est retenu après la fécondation et l’embryon dépend principalement du vitellus. L’éclosion survient dans l’appareil reproducteur, au moment de l’expulsion ou peu avant celle-ci. Ce schéma combine donc une rétention interne avec une nutrition lécithotrophe.
La durée de l’incubation et le lieu exact de l’éclosion varient. L’absence d’un placenta ne suffit pas à définir la catégorie : des échanges d’eau, de gaz ou d’ions peuvent exister sans apport nutritif maternel important, et des mécanismes intermédiaires sont possibles.
Une terminologie ambiguë
« Ovovivipare » a été employé pour des situations différentes : rétention temporaire suivie d’une ponte, éclosion interne avec naissance de jeunes vivants, ou viviparité sans placenta. Cette diversité d’usages peut masquer la distinction entre lieu du développement et origine des ressources embryonnaires.
Lorsque les jeunes naissent vivants après un développement interne essentiellement soutenu par le vitellus, l’expression « viviparité lécithotrophe » est généralement plus informative. Lorsqu’un œuf est pondu avant l’éclosion, même après une rétention prolongée, il convient de décrire une oviparité avec rétention des œufs.
Limites d’interprétation
Le classement ne doit pas être déduit de la seule observation d’une naissance. Il faut documenter la fécondation, les enveloppes embryonnaires, l’évolution des réserves vitellines et les éventuels transferts maternels. Une espèce qualifiée d’ovovivipare dans une source ancienne peut ainsi relever de la viviparité lécithotrophe dans une terminologie plus récente.
Références
- Wourms J. P., Grove B. D. et Lombardi J. (1988). « The Maternal-Embryonic Relationship in Viviparous Fishes ». Fish Physiology, 11B, 1–134. https://doi.org/10.1016/S1546-5098(08)60213-7
- Blackburn D. G. (1994). « Discrepant usage of the term ‘ovoviviparity’ in the herpetological literature ». Herpetological Journal, 4, 65–72. Texte intégral
- Lodé T. (2012). « Oviparity or viviparity? That is the question… ». Reproductive Biology, 12, 259–264. https://doi.org/10.1016/j.repbio.2012.09.001