Ocelle
Un ocelle est une tache arrondie dont le centre et l’anneau périphérique évoquent visuellement un œil. Chez les poissons, ce motif pigmentaire peut se trouver sur le corps ou les nageoires. Sa ressemblance avec un œil ne suffit pas à lui attribuer une fonction : selon l’espèce et le contexte, il participe à la défense, à la communication sociale ou à la parade sexuelle.
Un motif, plusieurs fonctions
La ressemblance avec un œil a conduit à proposer des rôles de dissuasion ou de détournement des attaques d’un prédateur. Une telle hypothèse dépend de la taille du motif, de son contraste, de sa position et du comportement des animaux ; elle ne se déduit pas de la forme seule. Le terme décrit donc d’abord une forme colorée ; « faux œil » correspond à une interprétation fonctionnelle qui n’est pas démontrée dans tous les cas.
Chez les cichlidés haplochromines incubateurs buccaux, les mâles portent souvent sur la nageoire anale des taches ovales jaunes, orangées ou rouges appelées taches-œufs. Pendant la ponte, la femelle recueille les œufs dans sa bouche puis s’approche de la nageoire anale du mâle, tandis que celui-ci émet ses gamètes. Cette séquence a conduit à proposer que les taches imitent des œufs et favorisent la fécondation.
Les expériences menées chez Astatotilapia burtoni montrent cependant que des mâles dépourvus de taches-œufs peuvent obtenir des taux de fécondation comparables. Dans cette étude, les femelles ne préféraient pas les mâles portant davantage de taches, et les mâles sans taches recevaient plus d’attaques lors du test d’agression. Leur rôle varie donc entre espèces et ne se résume pas à une tromperie visuelle.
Distinctions utiles
L’ocelle pigmentaire n’est pas un œil accessoire et ne possède ni rétine ni fonction photoréceptrice. Il se distingue aussi d’une simple macule uniforme par son organisation concentrique, même si la frontière descriptive entre ces motifs peut rester graduelle.