Oeufs télolécithes
Un œuf télolécithe contient une grande quantité de vitellus concentrée vers le pôle végétatif, tandis que le cytoplasme actif et le noyau occupent surtout le pôle animal. Chez les téléostéens, cette distribution très polarisée conduit à une segmentation méroblastique discoïdale : les premières divisions cellulaires restent limitées à un disque cytoplasmique posé sur la masse vitelline.
Segmentation du blastodisque
Après la fécondation, le blastodisque se divise en blastomères et forme progressivement le blastoderme. Le vitellus sous-jacent ne se segmente pas en cellules complètes : il constitue une réserve acellulaire volumineuse. La couche syncytiale vitelline se met ensuite en place à l’interface entre le blastoderme et le vitellus et participe aux échanges, à la nutrition et aux mouvements morphogénétiques précoces.
Cette organisation explique le qualificatif « méroblastique », car seule une partie de l’œuf subit les divisions de clivage. Elle s’oppose à une segmentation holoblastique, dans laquelle les sillons traversent l’ensemble du zygote. Télolécithe décrit la distribution du vitellus ; discoïdal décrit la géométrie de la segmentation. Les deux notions sont liées chez les téléostéens, mais elles ne sont pas synonymes.
Diversité des œufs riches en vitellus
Les œufs télolécithes existent aussi dans d’autres lignées de vertébrés et d’invertébrés. Chez les poissons, la quantité et l’organisation du vitellus, le diamètre de l’œuf, la présence de globules lipidiques et la morphologie des structures extraembryonnaires varient entre espèces. Le vitellus alimente l’embryon, puis la larve, jusqu’à ce que l’alimentation externe prenne le relais.