Crustacés
Les crustacés sont un vaste ensemble d’arthropodes comprenant notamment les copépodes, branchiopodes, ostracodes, amphipodes, isopodes, crabes, crevettes, homards et écrevisses. Les analyses phylogénétiques réunissent ces lignées et les hexapodes au sein des Pancrustacea. Dans ce cadre, les hexapodes sont apparentés à certaines lignées traditionnellement qualifiées de crustacés : « Crustacea » pris sans les hexapodes ne correspond donc pas nécessairement à un groupe monophylétique.
Organisation et croissance
Le corps est segmenté et porte des appendices articulés. Les segments sont souvent regroupés en régions fonctionnelles, ou tagmes, dont l’organisation varie selon les lignées. Deux paires d’antennes, des pièces buccales dérivées d’appendices et des appendices primitivement biramés sont fréquents, sans être uniformément conservés chez toutes les formes adultes. Les décapodes possèdent par exemple cinq paires de pattes thoraciques locomotrices, tandis que les copépodes et les crustacés parasites présentent des plans corporels très différents.
L’exosquelette contient de la chitine associée à des protéines et peut être renforcé par des sels de calcium. Cette enveloppe articulée soutient le corps et protège les tissus, mais elle n’est pas une coquille uniforme. La croissance nécessite de muer à plusieurs reprises : l’ancien exosquelette est séparé puis rejeté, et le nouveau se déploie avant de durcir. La période qui suit la mue est souvent une phase de vulnérabilité mécanique et physiologique.
Diversité écologique
La majorité des crustacés est aquatique, en milieu marin, saumâtre ou continental, mais des lignées terrestres existent, notamment les cloportes. Les échanges gazeux se font selon les espèces par la surface du corps, des branchies ou des structures dérivées adaptées à la vie aérienne. L’équilibre hydrominéral dépend du milieu et mobilise en particulier les branchies, les glandes antennaires et le tube digestif.
Les tailles vont de formes planctoniques microscopiques à de grands décapodes. Les crustacés libres peuvent être filtreurs, brouteurs, détritivores, prédateurs ou charognards. D’autres vivent en association avec un hôte, depuis la symbiose jusqu’au parasitisme. Les copépodes participent fortement aux réseaux trophiques aquatiques ; les krills transfèrent la production planctonique vers de nombreux poissons, oiseaux et mammifères marins ; les décapodes occupent des fonctions benthiques variées.
En aquaculture et en santé animale, le terme couvre à la fois des espèces élevées, des proies vivantes, des hôtes intermédiaires et des parasites. Leur physiologie, leurs agents pathogènes et leur sensibilité aux paramètres de l’eau diffèrent profondément. Les propriétés observées chez une crevette ou un crabe ne se généralisent donc pas à un copépode ni à une forme parasite très modifiée.
« Crustacé » demeure utile en zoologie, en écologie et dans les textes relatifs aux denrées alimentaires, mais sa portée exacte dépend du contexte taxonomique ou réglementaire.
