Eutrophisation
L’eutrophisation est l’enrichissement d’un écosystème aquatique en nutriments qui stimule la production primaire et entraîne des changements de fonctionnement, de composition biologique et de qualité de l’eau. L’azote et le phosphore sont souvent déterminants, mais le nutriment limitant, la réponse de la biomasse et l’intensité des effets dépendent du milieu, de la saison, du temps de résidence de l’eau et de la lumière disponible.
Mécanismes et effets
Les apports agricoles, urbains, industriels, atmosphériques ou aquacoles peuvent accélérer un processus qui existe aussi naturellement à l’échelle géologique. La hausse de production peut favoriser des proliférations de phytoplancton, cyanobactéries, macroalgues ou plantes. Leur respiration et la décomposition de la biomasse consomment de l’oxygène ; la stratification limite le renouvellement des eaux profondes et peut aggraver l’hypoxie.
Les sédiments retiennent une partie du phosphore et de la matière organique reçus. En conditions pauvres en oxygène ou lors d’une remise en suspension, ils peuvent restituer des nutriments à la colonne d’eau : cette charge interne prolonge alors la réponse du système après la réduction des apports externes. La circulation hydrologique, le broutage et la structure du réseau trophique modulent également la quantité d’algues produite pour une même concentration nutritive.
Les conséquences possibles comprennent une baisse de transparence, des fluctuations de pH et d’oxygène, des efflorescences parfois toxiques, des mortalités et une modification des communautés. Elles ne surviennent pas toutes systématiquement. Une eau riche en nutriments n’est pas nécessairement hypoxique au moment du prélèvement, et l’eutrophisation n’est pas synonyme de toute pollution.
Évaluation
Le diagnostic combine les flux et concentrations en nutriments avec la chlorophylle, la transparence, l’oxygène, la biomasse et la composition des communautés. Les séries temporelles distinguent mieux les cycles saisonniers d’une évolution durable. Les indicateurs et seuils diffèrent entre lacs, cours d’eau, estuaires et zones côtières ; une concentration isolée ne suffit pas à caractériser l’état trophique ni à attribuer sa cause.


